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Des voix se sont élevées pour dire que la Nouvelle-Orléans ne devrait pas être reconstruite, ou bien que toute reconstruction doit être assujettie à des normes strictes de résistance au tempêtes et aux inondations.

Il n'y a aucun doute que la reconstruction sera mise en oeuvre. Le port et les infrastructures pétrolières sont d'une importance vitale pour les Etats-Unis ; l'industrie du tourisme est profitable. La question est de savoir ce qui sera reconstruit, par qui et pour qui.

Le Président Bush Junior a mis en garde contre la pratique de prix excessifs qui exploitent la misère des sinistrés. Si un financement par le gouvernement américain est débloqué, les investisseurs extérieurs ne perdront pas de temps pour en profiter. On nous dit même que bien avant que les cadavres ne soient évacués de la ville, des fonds d'investissement sont en train d'acheter non seulement des entreprises mais "des secteurs entiers" pour puiser un maximum de bénéfices dans la ville et sa région. L'effort de reconstruction sera très vite accaparé.

Pendant ce temps, de petits entrepreneurs et des artisans - dont certains possèdent des compétences et des savoir-faire traditionnels irremplaçables - et tout un corps de main d'œuvre qui a quitté la région chercheront à mettre en oeuvre leurs compétences dans des économies restées fonctionnelles dans d'autres villes - et finiront peut-être par ne jamais rentrer chez eux.

Il est bien vrai que toute reconstruction devrait être en conformité avec des normes de résistance aux tempêtes. Mais si nous voulons reconstruire l'économie de la Nouvelle-Orléans en même temps que ses bâtiments, les normes devrait aussi exiger que la reconstruction soit faite, dans la mesure du possible, par des entrepreneurs et des artisans de la Nouvelle-Orléans à qui on accorderait la préférence pour les encourager à revenir, et avec de la main d'œuvre locale.

Des programmes d'apprentissage devraient également faire partie de ces mesures, pour que les jeunes de la ville, plutôt que de se retrouver éparpillés dans des camps de réfugiés aux quatre coins du Sud des Etats-Unis, pourraient être logés près de leur propre ville et participer à sa reconstruction tout en apprenant un métier.

Des mesures doivent être prises sans tarder par les autorités locales et fédérales pour assurer que la reconstruction de la Nouvelle-Orléans profitera à son propre peuple et non à des investisseurs extérieurs.

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